Il est sept heures et demi, le jour se lève à peine sur Forges les Eaux, le premier lieu de ramassage pour les opérateurs espaces verts. Le chargement du camion se passe bien, il y a encore de la place. Derniers bisous aux petites copines, un retardataire arrive en courant trois sac à la main. Le camion se remplit.
Direction Saumont la poterie pour récupérer un moniteur puis direction la structure pour le dernier point de ramassage. Le personnel espaces verts se retrouve sur le parking pour un Tetris dans le coffre, il semble que certains craignent de manquer d’affaires, le camion est plein.
Les moniteurs récupèrent les clefs de tous, véhicules, habitations afin de palier à la perte des ses dernières à l’autre bout de la France. Il est temps de prendre la route pour qu’un opérateurs se rendent compte au bout de quelques kilomètres, qu’il a oublié ses papiers dans son véhicule. Après avoir fait demi-tour, réouvert la structure, récupérer les clefs du véhicule pour prendre les papiers puis répéter cela dans l’autre sens, voilà l’équipe espaces verts en route vers le pays Bordelais.
L’ambiance à bord est calme, le réveil se fait tranquillement au rythme du soleil.
Traversée du periph’ parisien, première découverte, la tour Eiffel a même été aperçue. Buildings et graffitis, deuxième découverte déjà.
Première pause pipi et changement de conducteur, les moniteurs profitent d’un panneau avec la carte de France pour montrer aux opérateurs où ils sont, d’où ils sont partis et surtout, où ils vont. La prise de conscience est sans appel.
L’humeur est au beau fixe, les kilomètres s’enchainent au rythme des playlists de chacun mais surtout des moniteurs…
Il est temps de manger, arrêt sur une aire d’autoroute et pic-nic, tout le monde se dégourdi les jambes et prend le temps avant de remonter dans le camion. La route reprend, ceux qui ont bien mangé se démarquent par leur rapidité à s’endormir, tandis que les autres s’isolent dans leurs écouteurs.
Les kilomètres s’enchaînent sans soucis, l’odeur de pieds de fin de journée annonce notre arrivée prochaine.
Il est dix-sept heures, rencontre de la propriétaire du gîte dans lequel les opérateurs espaces verts vont vivre ensemble pendant six jours. Un bâtiment de ferme traditionnel en pierres au milieu d’une forêt de chênes. La bâtisse est gardée par un magnifique chêne liège pouvant témoigner de deux cent ans d’histoire.
A l’intérieur, tout le confort moderne. Les opérateurs disposent d’une chambre spacieuse, de multiples salles de bains pour éviter les embouteillages du matin, une grande pièce à vivre pour se détendre en fin de journée, une cuisine suffisamment équipée pour faire la cuisine pour huit et enfin pour finir, une terrasse avec une grande table à manger avec vue sur la forêt.
Une fois tout le monde installé, les proches avertit de l’arrivée à bon port, il est temps de commencer à préparer le repas.
A huit paires de main, l’organisation se met en branle pour la réalisation d’un plat de pates à la carbonara mais version normande.
Certains seront en charge de la découpe des oignons et, émus de leur réalisation en auront les larmes aux yeux. Pendant ce temps-là, d’autres, occupés à mettre la table ne manqueront pas de se moquer car les oignons piquaient vraiment.
L’eau est mise à bouillir.
Le reste des opérateurs sera en charge de la réalisation de la sauce, compotée des oignons, rissolé des lardons, frémissement de la crème et des champignons émincés auparavant. La plaque à induction devant autant de ferveur se met en sécurité, ça râle. Les opérateurs parviennent tout de même à finir la cuisson du plat et tout le monde se met à table.
L’émission sur le dépanneur local Normand en fond sonore, rassure les espaces verts et anime les discussions des passionnés. Et c’est après quatre oignons, 800 grammes de crème, une dizaine de champignons, deux kilo et demi de spaghettis, quelques poignées de gruyère et un yaourt aux fruits que les opérateurs espaces verts s’attellent à la vaisselle.
Il est vingt-trois heures, les derniers résistants à l’appel du sommeil finissent par aller se coucher, les lumières s’éteignent, les portes se ferment et les premiers ronflements scellent la journée.
Les moniteurs se disent que cela va être une sacrée semaine.









